Plafonner le gasoil : la facture allait de 50 à 70 milliards, deux jours plus tard elle fait 70
Le gouvernement dit que le plafonnement n'est pas à l'ordre du jour et compare son coût aux 62 milliards du pouvoir d'achat. Le petit chiffre s'est perdu en route.
L'info
Le porte-parole du gouvernement, Samir Belfkih, a indiqué le jeudi 5 novembre 2026, lors du point de presse suivant le Conseil de gouvernement, que le plafonnement des prix des carburants et des marges des distributeurs « n'est pas à l'ordre du jour ». Selon lui, cette mesure reviendrait à rétablir la compensation, pour un coût de près de 70 milliards de dirhams, un montant supérieur aux 62 milliards consacrés à la protection du pouvoir d'achat dans le projet de loi de finances 2027.
Deux jours plus tôt, le 3 novembre, le ministre de l'Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a déclaré devant la commission des finances de la Chambre des représentants qu'un retour à une subvention généralisée coûterait entre 50 et 70 milliards de dirhams par an, que cette somme serait mieux utilisée pour les hôpitaux et les services publics, et que l'ancien système profitait davantage aux catégories à pouvoir d'achat élevé qu'aux ménages modestes.
Des députés de l'Alliance de la gauche avaient demandé un plafonnement des prix, et des députés du PJD un plafonnement des marges. Fouzi Lekjaa a estimé que supprimer la taxe intérieure de consommation ne réduirait le prix que d'environ 1,20 dirham par litre, et a fixé trois priorités : achever les conditions de la concurrence, renforcer les capacités de stockage et réfléchir à la séparation entre importation et distribution. Quant à une baisse de la TVA ou de la TIC, Samir Belfkih l'a évoquée comme proposition, sans engagement du gouvernement.
Depuis le 1er novembre, le gasoil a pris jusqu'à un dirham par litre selon les stations et frôle les 17 dirhams. Le gouvernement mise sur la baisse des cours internationaux. Le ministre du Transport, Abdessamad Kayouh, a annoncé que l'aide aux professionnels sera versée tous les 15 jours au lieu d'une fois par mois, avec une enveloppe de 400 millions de dirhams pour environ 200 000 véhicules sur la première quinzaine de novembre.
Le site Alyaoum24 relève que plafonner les marges, fixer un prix maximal et subventionner sont trois mécanismes différents, et que l'estimation de 70 milliards ne concerne que le retour à la compensation.
Décision défendable, coût réel. La balwara : une fourchette réduite à son plafond, et une marge facturée au prix de la subvention.
Le commentaire
Opinion satirique de la rédactionMardi, la facture allait de 50 à 70 milliards. Jeudi, il ne reste que 70. Calcul simple : 70 est au-dessus de 62, et 50 en dessous. Le petit chiffre n'est pas venu au point de presse, c'est le haut de la fourchette qui s'est chargé de la comparaison.
La marge du distributeur est entrée dans la même facture que la compensation, alors que l'une mesure ce que gagne le distributeur et l'autre ce que paie l'État. Soyons honnêtes : la subvention généralisée coûtait cher, l'argument de Lekjaa se comprend, et l'aide au transport passe à la quinzaine. En attendant, le citoyen est devant 17 dirhams, le gouvernement devant 70 milliards, et les deux regardent le Brent.